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BRF en zone tropicale
#1
Bonjour,

Débutante dans le monde du jardinage au naturel, j'en apprends tous les jours un peu plus et ces temps-ci je me penche sur l'utilisation du BRF. Je remercie à ce propos les articles de Gilles DUBUS que je reçois régulièrement. La question qui m'amène est relative à l'épandage du BRF qu'il est conseillé de pratiquer pendant la période dormante pour éviter "la faim" d'azote comme indiqué. Oui mais voilà, ici chez nous il n'y a guère de période dormante, la vie végétale est foisonnante toute l'année. Aussi, l'utilisation du compost préalablement au BRF ne devrait-il pas être systématique? Et du coup ne perd-il pas de son intérêt, à savoir, la moindre utilisation de fertilisant?

Merci pour vos réponses qui m'aideront à démarrer mes expériences.
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#2
Salut!

Quel est ton type de sol et quel est son historique? Si c'est un sol un minimum vivant, tu n'as pas besoin d'enfouir ton BRF et dans ce cas, tu devrais avoir peu de faim d'azote.
Si c'est un sol mort que tu souhaites remettre en vie, alors il faut incorporer ton BRF dans les premiers centimètres du sol et là, tu auras une faim d'azote la première année. Tu peux alors compenser cette faim d'azote par un apport de compost pour la première année. Ensuite, un simple apport de matière organique déposé sur le sol suffit à maintenir la vie et la fertilité de ton sol. C'est là l'intérêt d'un BRF, tu apportes éventuellement du compost la première année mais ensuite, seulement de la matière organique fraiche (mulsh).

Dans quelle zone te trouves-tu?

A+!
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#3
Bonsoir, 

Rien à ajouter aux précisions d'Aurélien, mais j'appuie sa question: D'où êtes-vous ?

Le fonctionnement des sols tropicaux est radicalement différent de celui que nous expérimentons dans nos milieux tempérés. Tout le carbone est dans la biomasse vivante, pas dans la nécromasse, et pas dans les sols. Chez, nous, c'est fifty-fifty. 

Puisque vous êtes en milieu tropical, il y a de fortes chances pour que votre sol comporte peu de matière organique en "stock" (humus), tout simplement parce que votre climat est si puissant que ça se décompose à toute vitesse, et que les minéralisations primaire et secondaire interviennent très vite dans la foulée, du fait de l'importance de la chaleur et des précipitations. Il n'y a quasiment pas de phase de mise en réserve par l'humification sous les tropiques. Ca minéralise tout de suite. 

De même, vos termites bossent bien plus vite que nos vers de terre.

De quoi disposez-vous comme matériaux pour regonfler vos sols ?

Que pouvez-vous dire de la composition de la fraction minérale de votre sol (argiles/sables/limons) ? Comment est-il à l'oeil ? Comment réagit-il malaxé dans la main ?

Parce que, rapport à la puissance de votre contexte climatique, vous pourriez bien aggrader l'ensemble très rapidement, en griffant du compost, en semant un couvert que vous pailleriez au BRF, sans l'incorporer. 

M'est avis que, même incorporé, il ne ferait pas long feu de toute manière.

Chez nous ça prend au moins six mois, dans les bouquins, mais mieut vaux compter quatre saisons complètes. Vous pourriez bien diviser ce temps au minimum par deux.

N'hésitez pas à poster sur la question, surtout. 

Je trouve personnellement que le fonctionnement pédo-climatique tropical est PASSIONNANT, voire enviable...


Bon courage à vous et à bientôt,

Benoît
La paille est pour le sol, la graine est pour l'homme
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#4
Bonjour et merci Aurélien et Benoît pour vos réponses que je n'ai pas encore bien "disséquées", j'en prendrai le temps assurément. Pour répondre à vos questions, je suis en Martinique, à Saint-Joseph plus précisément. C'est une zone relativement pluvieuse par rapport au reste de l'île, en fait on est au milieu entre le très humide et le climat plus sec (car même très petite, sur notre île nous avons différent climat malgré tout). Comme nous sommes en hauteur, nous bénéficions de températures oscillantes entre 19° la nuit et 27°le jour durant la saison des pluies et 22° la nuit et 30° le jour durant le carême. Ces temps-ci, il fait plutôt "froid" !

Notre sol, suivant les tests effectués avec les conseils de "jardin-bio", est limono sableux" avec un PH entre 5,9 et 6,8. Il a été en partie déjà cultivé il y a plusieurs années et en partie occupé pour du pâturage jusque récemment. Il est donc relativement battant et en effet, il y a peu de matière organique. Par ailleurs, nous sommes sur une terre très pentu qui est donc lessivée par les pluies. C'est la raison pour laquelle, nous faisons le choix de cultiver sur des terrasses et en billon. Cela demande plus de temps pour préparer la terre mais réduit l'érosion et le lessivage. Nous ajoutons des bandes végétales entre les terrasses sur lesquelles nous plantons des cultures permanentes, et autres plantes de services.

Pour nourrir le sol, nous avons à notre disposition du fumier de vache, de poule, de canard, de mouton, du compost le tout pour le moment en petite quantité. Nous prévoyons de faire d'autres silos pour le compost et d'agrandir notre poulailler. J'ai bien compris qu'en terre limono-sableuse ces apports doivent être modérés et pour le moment nous obtenons de bons résultats sur notre parcelle test.

Pour l'utilisation du BRF, nous avons je crois tout le matériau nécessaire et il peut être vite reconstitué puisque ça pousse vite. Je me demandais d'ailleurs si nous pouvions utiliser les jeunes pousses de bambous car c'est une denrée presque intarissable.

Je ne sais pas si j'ai apporté toutes les précisions utiles pour une meilleure analyse alors n'hésitez pas à me poser des questions.

A bientôt. Juliette.
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#5
Bonsoir Juliette,

Les jeunes pousses de bambou sont probablement une nourriture équilibrée, car ligneuse mais pas trop puisque jeune, donc encore dosée en cellulose. C'est à mon avis comparable à ce qu'un bon BRF produit comme nutrition.

C'est, je pense, un matériau de premier choix.

C'est d'autant plus indiqué que sur un sable limoneux en pente, l'érosion pourrait être très importante en effet. Il faut absolument des plantes pour le "tenir" ce sol !

Les apports que tu fais sont intéressants pour nourrir directement des plantes, ce qui est important car sa structure va à mon avis tenir avant tout à la présence de racines en permanence, puisque que vous n'avez pas de stock de matière organique, ce qui est la norme en pédo-climat tropical. Les MO repartent tout de suite dans la biomasse, les sols en général n'en gardent que 5%.

Je ne m'avancerait pas à faire des prédictions, mais à mon avis il est important de bien conserver ces 5% en les nourrissant régulièrement.

D'après ce que je tiens, les chiffres de production de biomasse (donc de nourriture qui revient au sol pour son auto-fertilité) sont en climat de tempéré situés entre 20 et 40 tonnes/Ha/an, ce que sous votre climat vous pouvez multiplier par deux ou trois !

C'est une donnée qui peut être importante pour savoir combien votre sol "mange".

Le BRF et le bambou en quantité suffisante devraient vous permettre de tendre vers cette fourchette, ou cet ordre de grandeur.

Je vous envie beaucoup ! En Martinique un couvert végétal d'interculture produit régulièrement trois fois plus de biomasse qu'en métropole, c'est comme ça qu'on se retrouve avec des Sorghos de 6 mètres de haut sur un cycle de 60 à 90 jours. Le pied !

Vous indiquez que votre sol est battant, ce qui est tout à fait admissible pour un limon, et à mon avis renforcé par le pâturage. D'ailleurs, quelles sont les bêtes qui ont pâturé ? Etait-ce intensif ? Combien de temps cela a-t-il duré ? Etait-ce une parcelle en conventionnel ?

Serait-il possible que des billons soient encore plus séchants ?

Avez-vous besoin d'irriguer d'ordinaire ? Comment vos précipitations sont-elles réparties sur l'année ?

Amitiés,

Benoît
La paille est pour le sol, la graine est pour l'homme
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#6
Bonjour Juliette.

Tu ne dois pas être loin de "tonton Léon", maraicher bio sur ton île, à Fonds-Saint Denis.

Il pourrait peut-être te renseigner sur sa façon de cultiver sa terre.
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#7
Bonjour Benoit,

Merci pour ta réponse qui m'éclaire beaucoup sur l'utilisation du bambou. Concernant le pâturage, il s'agissait de boeufs uniquement. Je ne sais pas ce qui est intensif ou non, nous avions en moyenne deux boeufs pour 1 Ha. Notre terre fait environ 4 Ha. Je crois que cela a duré environ 20 ans. Je ne sais pas ce que c'est qu'une parcelle en conventionnel.

Concernant les précipitations, nous recevons environ 2400mm d'eau par an. Sur l'année 2016, nous avons eu des records de précipitations surtout en fin d'année. Nous n'avons guère pu cultiver pendant 3 mois ! . Par rapport à cela nous allons opter pour acquérir déjà une serre, qui nous permettra de préparer nos plants même si nous privilégions les semis directs. La saison des pluies est assez intense à la fin de l'année comparativement au carême qui est plus "sec". Par rapport à cela, je pense qu'il n'est nécessaire d'irriguer qu'occasionnellement (surtout avec un bon paillage non? ), en fonction du stade des plantations et en fonction de ce qui est cultivé. Notre atout est que nous avons une source sur notre terrain et je pense pouvoir l'utiliser prochainement. Pour le moment nous utilisons l'eau de pluie.

La technique du billon n'est pas asséchante pour saint-joseph qui comme je l'ai dit reçoit beaucoup de précipitations. Cette technique permet un bon drainage et de maintenir le sol lorsqu'il est effectué sur des courbes de niveau avec bandes végétales notamment pour les terres en pente.

Comme dit au début, nous sommes novice en jardinage et tout cela est pour le moment en expérimentation que nous essaierons d'améliorer au fur et à mesure de nos résultats.

C'est une belle aventure que nous découvrons que depuis quelques mois et tes explications sont très enrichissantes pour mieux comprendre notre environnement.

Bien à toi. Juliette.
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#8
Bonsoir Juliette,

Conventionnel, c'est le mot "poli" et "politiquement correct" pour Agro-Chimie.

Soit ce qui dans ta région du globe fait un maximum de ravages écologiques et de santé publique, à l'exemple du Chlordécone sur les bananes de Guadeloupe.

Deux boeufs à l'hectare sont déjà trop, mais c'est loin d'être dramatique, donc sauf à me tromper la battance ne vient pas de là, mais plutôt de la texture de ton sol (limon sableux). Je précise que ce sont juste des pistes de réflexion de ma part, car je n'ai aucune idée des conséquences concrètes et quotidiennes d'un climat tropical humide.

J'ai bouquiné sur la faune/flore et les pédo-climats tropicaux, mais c'est bien loin d'être suffisant. Je pense que ce n'est même pas représentatif de ce qui se passe réellement.

Enfin, comme tu le disais dans tes précédents messages, tu peux garder les choses qui marchent et, au fur et à mesure, éliminer ce qui ne fonctionne pas.

En tout cas ce serait cool de poster, on a tous une foule de choses à apprendre de ta pratique.

Bon courage à toi !

Benoît
La paille est pour le sol, la graine est pour l'homme
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#9
(23-02-2017, 07:14 PM)sophie27 a écrit : Bonjour Juliette.

Tu ne dois pas être loin de "tonton Léon", maraicher bio sur ton île, à Fonds-Saint Denis.

Il pourrait peut-être te renseigner sur sa façon de cultiver sa terre.

Bonjour Sophie,

En effet, on pourrait dire qu'il n'est pas loin de nous (les notions de distance ne sont pas les mêmes que sur l'hexagone du fait du relief!) Nous connaissons Léon Tisgra, il fait partie d'un consortium d'agriculteurs qui font de l'AB et nous avons prévu de le voir. Il me semble que sa pratique ne correspond pas tout à fait à ce que je considère comme du bio. Même dans le bio, si j'ai bien compris, il y a du "conventionnel". Un autre groupement Orgapéyi pratique une agriculture qui me semble plus écologique. Mais tout cela reste à prouver...
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#10
C'est vrai, il y a différentes sortes de bio.

Certains produit sont autorisés en bio, comme le souffre et le cuivre, les insecticides naturels, le feramol, les bactéries pour lutter contre certains insectes... Il y a aussi la culture hors sol (une aberration pour moi, surtout en bio).

Mais on peut aller plus loin dans la démarche, en refusant toute intervention curative, et en essayant d'aider la nature pour qu'elle trouve son équilibre tout en acceptant de ne pas tout réussir. cette démarche est au combien plus difficile.

Pour ma part, j'essaie de supprimer les interventions curatives au fil des ans. Mais c'est pas toujours facile. Et il y a longtemps que j'ai accepté les échecs comme étant quelque chose de normal au jardin. Je dis que c'est la part de la nature.

Je pense qu'il sera intéressant de rencontrer Léon Tisgra, car toute expérience est enrichissante.
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