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Semis de blé sur prairie
#1
Certains seront étonnés, me connaissant, que j'ouvre ce sujet !

Cela fait un moment que je réfléchis à cultiver des blés anciens afin de produire ma farine.

Mais jusqu'ici, j'y avais renoncé, à cause du labour. J'ai calculé qu'il me fallait cultiver 600 à 1000 m2 pour être autonome en farine, et l'idée de devoir préparer cette surface était rédhibitoire.

Je viens de lire "la révolution d'un seul brin de paille" de Masanobu Fukuoka, et sa lecture a relancé mon envie de cultiver du blé.

J'ai un petit bout de prairie inutilisé, et je souhaite y faire un essai, dès cette année. Je sais qu'il est un peu tard pour semer, mais mon beau-père me dit qu'autrefois, les derniers semis de blé avaient lieu en décembre. Je vais donc tenter.

Comme décrit dans le livre, je vais semer un mélange de trèfle blanc (si j'en trouve) et de blé (pour cet essai, je vais utiliser le blé bio de nos poules) à la volée, sur une surface de 10 mètres carrés, directement sur la prairie. Puis je vais faucher après le semis.

Qu'en pensent les "experts de la méthode" ? Ai-je bien interprété ma lecture ? Dites-moi si j'ai oublié quelque chose.
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#2
Salut Sophie,

Fukuoka semait à la volée, mais déjà le biotope n'était pas le même (pas la même flore), et les travaux préliminaires non plus. Sa méthode est davantage développée dans "Agriculture Naturelle".

Déjà, si tu veux semer en trèfle, il faut tuer la prairie. Par occultation, sans doute.

Ensuite, ce qui marche avec le riz peut ne pas marcher pour le blé. Le blé boit dans le même horizon que le trèfle. C'est pourquoi en général on lui préfère la luzerne (ou le mélilot ou le lotier en milieu humide).

Enfin, tu dois consommer beaucoup de farine ! Car les rendements en blés anciens en bio tournent à 20qtx/Ha, ce qui dans ton cas donnerait environ 200Kg.

Les champs de Fukuoka étaient préparés/désherbés/fumés par un troupeau de canards, avant semis. Peux-tu produire quelque chose d'équivalent (fauchage/fumure par exemple) ? 

Gérer en bio du semis de céréale dans un couvert vivant est un sacré tour de main, et demande de connaître le rythme de ton couvert, pour faire coïncider le fauchage du couvert en floraison avec ton semis à la volée. La bonne nouvelle, c'est que certains blés anciens adorent les semis précoces (1er août par exemple). La luzerne est mûre, à ce moment-là.

De toute façon, tu disposes d'environ 3 mois entre la fauche en fleurs et le re-départ de ton couvert. Ca laisse un peu de marge.

Bon courage à toi !

Amitiés,

Benoît
La paille est pour le sol, la graine est pour l'homme
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#3
Arf ! Benoit, tu as, subitement, mis un frein à mon enthousiasme ! Et au fait, bon retour parmi nous ! je pense que tu as dû être très occupé ces derniers temps.

Détruire la prairie, c'est justement ce par quoi je voulais éviter de passer. Occulter 10 m2 pour mon essai, pas de soucis. Mais occulter 1000 m2, pas envisageable, d'où l'obligation de labourer.

Nous consommons, rien que pour le pain, 100 kg de farine par an. Donc je compte 150 kg, tout compris.

Pourquoi faut-il faire coïncider la fauche du couvert "en floraison" avec le semis ? Je ne peux pas le faucher à n'importe quel stade ? Je pensais installer un couvert pérenne. La luzerne peut-elle rester en place plusieurs années ?

De la fumure, j'en ai (fumier de cheval). Mais il faudrait quand même désherber avant de l'épandre ?

Et du coup, mon idée de tenter un semis en ce moment est mauvaise ?
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#4
hello Sophie,
chez moi le blé et l'orge poussent naturellement en toutes saisons dans le compost de fumier de lapin (nourriture tombée dans la litière)
pourquoi ne pas tenter un épandage de fumier de cheval (si composté avec paille) direct sur ta parcelle d'essai de prairie puis ton semis à la volée légèrement ratissé pour couvrir les grains.
ça ne te coûte rien que du temps et de l'énergie et tu pourras constater le résultat.
à priori le blé étouffe une grosse partie des herbes spontanées (sauf le rumex et chardon...)
si tu n'essaie pas, tu ne sauras pas.
j'éviterai de mélanger avec le trèfle, ça serait mieux de faire des rotations.
et la luzerne est trop étouffante à mon avis, mais ce n'est que mon avis. sinon oui elle reste en place 4 à 5 ans.
bon courage à toi.

et effectivement, ravie de voir le retour de Benoît!
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#5
J'ai l'intention, les jours suivants, de semer du blé dans le potager du blé comme engrais vert.

Il n'est pas trop tard.
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#6
Salut les amiEs,

Pour ce qui est de faire coïncider le semis avec un fauchage à floraison établie (stade de début de formation du grain laiteux), c'est une question de respect du rythme de ta pérenne et surtout de sécurisation du semis et de l'itinéraire technique.

Quand tu sèmes dans un couvert vivant, il faut savoir absolument que C'EST TON COUVERT QUI PILOTE LE SYSTEME. Pas ta culture. D'où, les aménagements nécessaires.

Quand tu roules ou que tu fauches à floraison avancée, ou établie, tu es tranquille en ce que ta plante de couvert, étant en floraison, a mis toute son énergie dans la formation du grain. Du coup, la pousse végétative est très largement secondaire. Une fois fleurie, ta plante va inhiber sa partie végétative qui est le plateau de tallage. Pour faire simple, quand tu la couche à ce stade, elle mettra bien plus de temps à repartir, ce qui laisse d'autant plus de marge au développement de ta culture.

Même dans ta luzerne, ta culture ayant pris de l'avance et du développement va mettre tout le monde à l'ombre une fois l'hiver venu, particulièrement dans le cas d'un semis précoce. Le blé va pousser, coloniser et taller comme un cochon, ce qui va être fortement concurrentiel sur ton couvert. Au printemps, la réponse hormonale du blé va le faire pousser bien plus fortement que le couvert, surtout si le nombre de degrés-jours est adéquat. Le couvert - fut-il une luzerne cultivée - ne sera pas un soucis puisqu'il n'aura plus de lumière pour le moment. C'est encore plus flagrant avec le seigle qui, lui, peut tuer une prairie en maximum deux ans. Pour le blé... Je suis plus dubitatif, n'ayant aucun retour d'expérience.

Faut pas sous-estimer les graminées comme herbicide !

Malheureusement, du fait de la susceptibilité des variétés cultivées actuelles (fussent-elles "anciennes", ce qui est relatif...), tu ne feras jamais un blé sur une prairie installée et vivante. Même les équilibristes de haut vol du semis direct à l'heure actuelle utilisent de l'herbicide (glypho ou gramouxon la plupart du temps), pour "calmer" le couvert. C'est difficile de le débloquer en bio, mais tout est une question de coïncidence du semis et du cycle de la vivace de couvert. C'est jouable, carrément !

Il y a des mecs qui, en conventionnel, font 5 ans de soja en direct dans de l'agrostis stolonifère, soit notre cher chiendent. Comme quoi...

Après, pour calmer la reprise du couvert, tu as toujours un mélange de vinaigre blanc, d'eau de mer (ou salée) et d'extraits fermentés en pur (ortie, consoude). Ce sont de bons herbicides. Perso, le sel et le vinaigre je ne tenterais pas. Quelle horreur !

 Un mix de "purins" d'ortie et de consoude, en pur, au moment du fauchage un mois avant le semis, ça peut le faire.

J'espère t'avoir proposé des pistes intéressantes.

Amitiés,

Benoît

PS: Ca, pour avoir été occupé... On peut le dire. La vie fait parfois des croche-pieds à des proches dont il est long et périlleux de se remettre.

A bientôt chèrEs amiEs
La paille est pour le sol, la graine est pour l'homme
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#7
Oh, désolée d'avoir remué des moments douloureux de ton existence. La vie n'est pas toujours tendre. Je pensais plutôt que tu avais été très occupé avec ta formation.

Bon, du coup, je vais quand même tenter mon expérience directement sur la prairie. Même si c'est raté, ça m'aura permis d'avancer.

Je pense donc, suite à vos remarques, procéder ainsi :

Je vais d'abord faucher, puis répandre du fumier, puis semer à la volée, et couvrir avec un peu de foin.
Pour le couvert vivant, je réfléchis encore. Je sais que le trèfle blanc se plait chez moi, car il y en a dans mes prés, de façon très dense à certains endroits. J'aurai pu faire mon semis de blé sur une de ces zones de trèfle blanc, mais elles sont en plein dans la parcelle à foin, qui sera fauchée avant le blé par un voisin agriculteur. Je me vois mal lui demander de contourner ma petite parcelle de blé avec son énorme tracteur !

Concernant la rotation, si je me lance sur une grande surface, je ne compte pas en faire. J'ai déjà empiété sur les prés des chevaux pour mon potager. Je compte faire un nouveau verger, puis ce projet de culture du blé (peut-être sous les arbres du verger). Je ne pourrai pas prendre plus sur les prés, la surface étant déjà un peu juste pour le nombre de chevaux que nous avons. Je compte sur le couvert vivant et le paillage pour maintenir mon sol en équilibre et permettre d'y refaire du blé chaque année.

Je vais surement mettre tout ça en place dans la semaine qui vient, quand j'aurai fini quelques travaux de nettoyage au potager, si la météo me donne du temps.
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#8
J'avais beaucoup de trèfle blanc dans le pré/verger devant la maison.

Petit à petit, il est remplacé par de l'achillée millefeuille que je n'avais pas avant. J'ignore d'où elle peut venir. Il y en a, maintenant, plusieurs dizaines de m2. L'odeur est très agréable à la fauche et ce n'est pas gênant. Mais rien ne pousse entre deux. Même pas les pissenlits. 

Bon dimanche!

Amitiés.
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